Budget/Change
Le Groënland utilise la couronne danoise. Il est conseillé de s’en procurer en France, avant le départ.
1 couronne = environ 0,15 euro.
Les banques groënlandaises acceptent les eurochèques. Les cartes de crédit internationales sont utilisables dans les grandes agglomérations. Les banques sont ouvertes, en principe, de 9h00 à 12h00 et de 13h00 à 16h00, du lundi au vendredi.
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Heure locale
L'heure GMT soit 3 heures de moins qu'en France en hiver et 4 heures de moins en été.
Électricité
220 volts. Prises américaines (2 fiches plates) ; prévoir un adaptateur
Infos pays
Si le Groënland était inconnu des Européens jusqu'au Xe siècle, époque à laquelle il a été découvert par des Vikings islandais, en 982, il avait été habité auparavant pendant près de trois millénaires par des peuples de l'Arctique (cultures du Dorset et de Saqqaq notamment). Lors de l'arrivée des Vikings qui y subsistèrent pendant plus de quatre siècles, il était en revanche très probablement inhabité. Les premiers arrivants avaient en effet disparu et les peuples Inuits vivant actuellement au Groënland ne s'y sont établis qu'au début du XIIIe siècle.
Alors que les établissements vikings de la côte sud-ouest disparaissaient finalement au cours du XVe siècle, les Inuits ont, quant à eux, survécu jusqu'à nos jours. Ils ont développé une société capable de vivre sous un climat très rude. Ainsi, ils demeurèrent pendant plusieurs siècles le seul peuple à habiter l'île.
Au XVIIIe siècle, le Royaume de Danemark et Norvège fit cependant valoir ses droits sur le territoire, malgré le fait qu'il n'ait eu aucune nouvelle des Vikings partis coloniser l'île depuis plusieurs centaines d'années. Craignant qu'ils ne soient retombés dans le paganisme, les autorités danoises organisèrent une expédition missionnaire en 1721. Ne trouvant aucun descendant des Vikings groenlandais, les membres de l'expédition se consacrèrent à la conversion des Inuits et à l'établissement de colonies commerciales le long de la côte. L'île repassa donc sous domination scandinave et conserva son statut de colonie jusqu'en 1953.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le Groenland se détacha socialement et économiquement du Danemark, alors occupé par les Allemands. En revanche, de nombreux liens se créèrent avec les États-Unis et le Canada. Après la guerre, le Danemark reprit le contrôle du Groenland, mais dut transformer le statut de l'île en 1953 : de colonie, il passa à celui de comté d'outre-mer, avant d'acquérir l'autonomie interne en 1979. Enfin, en 1985, les habitants décidèrent de quitter la CEE à laquelle le Danemark avait adhéré en 1973.
Fiche pays : En tant que territoire autonome, le Groënland est membre du Conseil nordique. Cependant le Danemark le représente auprès du Conseil arctique.
Géographie
C'est sur la bande de terre montagneuse périphérique que l'on retrouve exclusivement les habitants ainsi que la faune et la flore. En hiver, cette bande côtière est cernée par la banquise à l'exception du sud-ouest de l'île (environ jusqu’à la capitale Nuuk). En effet une branche du courant du Gulf-Stream y empêche la mer de geler. La Côte Est n'en bénéficiant pas, elle possède un climat plus hostile et un dégel de la banquise plus court. Ceci explique que seuls deux villages y existent : Ammassalik et Ittoqqortoormiit. Ce dégel, qui se déroule de la fin mars jusqu'en juillet, s'appelle la débâcle. La reformation progressive de la banquise a lieu vers le mois de novembre.
Aucun réseau routier n'existe entre les différents villages et seuls des ferries, et plus rarement des avions, relient les villages entre eux en été. En hiver, des hélicoptères permettent d'assurer certains ravitaillements des villages pour la plupart isolés par la banquise.
Les sommets les plus hauts du pays sont situés dans le même massif sur la côte est. Le point culminant est le mont Gunnbjørn, haut de 3 733 m. Le plus connu est le mont Forel (3 360 m). Il porte le nom du professeur suisse François-Alphonse Forel qui, en 1912, organisa une souscription pour financer une expédition suisse au Groënland. On signalera qu'un autre mont proche porte le nom de Paul-Émile Victor, explorateur et ethnologue français. Deux autres Français ont contribué à la connaissance de ce pays : Jean-Baptiste Charcot et Jean Malaurie.
L'île est recouverte à 80 % par une calotte glaciaire de 2 166 086 km² nommée également inlandsis d'une épaisseur souvent fort importante (près de 3 km d'épaisseur de glace au centre correspondant à l'altitude la plus haute). Cet inlandsis est bordé de reliefs montagneux modérés entre lesquels s'écoule la glace par des glaciers. De certains d’entre eux se détachent des icebergs qui sont entraînés au large par les courants. C'est le cas à Ilulissat où les plus gros icebergs de l'hémisphère Nord sont produits. En 1912, c'est l'un d'eux que le Titanic heurta.
La toundra, une végétation basse et pauvre composée de mousses et d'herbes poussant dans les zones polaires occupe une grande partie du Groenland. La grande végétation ne peut pas y pousser car le sol est trop gelé en profondeur. Il ne pousse que quelques arbustes. Les bouleaux rampants sont une adaptation de la végétation aux conditions très rudes du milieu en particulier des vents desséchants. La taïga est une forêt de résineux poussant dans les régions froides. Au-delà de 66° latitude nord, la végétation ne pousse plus, car on se trouve dans les glaciers. Quelques animaux vivent dans de tels milieux : l'ours polaire, le phoque, etc...
Mots utiles
La plupart des 57 000 Groenlandais — au moins 87 % — parlent l’inuktitut, une langue de la famille eskimo-aléoute. Plus précisément, les Groënlandais désignent leur langue par le terme kalaallisut, c'est-à-dire l'inuktitut groënlandais (de l'Ouest). Ce sont donc des Inuits, ce terme signifiant «les humains» ou «les hommes» ou encore plus exactement maintenant «les gens» (singulier inuk: «personne» ) ; en français, le mot Inuit peut se former en Inuits (pluriel) ou Inuite (féminin). Le terme d’Inuit a remplacé depuis plusieurs années le mot Esquimau (ou Eskimo), un nom d'origine amérindienne qui signifierait «mangeurs de viande crue», le nom ayant été évidemment repris ensuite par les explorateurs européens.
Les autres habitants du Groënland parlent le danois (env. 5000 locuteurs), soit 8,5 %, ou l’anglais (3,5 %), deux langues germaniques. Fait à noter, les Danois représentaient en 1975 près de 20 % de la population totale du Groënland ; leur nombre a considérablement baissé depuis. Dans la capitale (Nuuk), ils formaient 23,7 % de la population locale (13 500 habitants) en 1998.
Dans tous les cas, les langues inuites correspondent à des langues dites agglutinantes, c'est-à-dire qu'elles se caractérisent par la juxtaposition après le radical d’affixes distincts pour exprimer les rapports grammaticaux pour construire le sens d'un mot ou d'une phrase. Par exemple, le «mot» pisiniarfimmukarusukkaluarpunga signifie en groenlandais de l’Ouest «je voudrais aller au magasin». Ce mot, qui peut sembler fort long pour un Occidental, se décompose avec le radical et les affixes de la manière suivante:
pisi- («acheter»)
-niar- («avoir l'intention de»)
-fik («lieu» ou «lieu où l'on a l'intention d'acheter»: le «magasin»)
-mut («vers» ou «en direction de»)
-kar- («aller»)
-usup- («vouloir»)
-kaluar- (conditionnel)
-pu- (indicatif intransitif)
-nga (première personne du singulier: «je»).